Les limites du « care »
D’après l’Institut National d’Études Démographiques (1), près de huit personnes en emploi sur dix déclarent que la fatigue liée à leur activité professionnelle impacte directement leur vie privée. Selon un sondage publié par Le Monde (2) à partir des données Odoxa, 66 % des Français se disaient déjà fatigués en 2022, contre 47 % en 2000. Plus inquiétant encore, près d’un tiers (32 %) évoquaient une fatigue extrême. Depuis La sortie du Covid et l’émergence du télétravail, les entreprises ont multiplié les démarches de « Care » (prendre soin des collaborateurs et développer le bien-être) avec la mise en avant de la bienveillance, de l’écoute, de la responsabilité mutuelle et de la prise en compte de la dimension humaine au travers de formations, sensibilisations et enquêtes. Selon les chiffres, ces actions n’ont eu que peu d’impact sur le sentiment de fatigue généralisée que semblent vivre de nombreux salariés. Cela pose la question de l’efficacité de ces actions et de l’origine de la fatigue. Cette dernière relève-t-elle de la charge de travail, des modes d’animation ou de l’organisation elle-même du travail ?