Dans un marché qui se tend malgré des volumes stables, les chargeurs sont préoccupés de la fragilité financière de certains transporteurs. Eux-mêmes confrontés sur leurs marchés à des conditions économiques difficiles, alors que compétitivité et qualité de service sont des impératifs immédiats, ils comptent s’appuyer sur une relation solide avec leurs prestataires pour répondre aux enjeux de la décarbonation et du digital.
Conjoncture et prix
Les volumes routiers ont été majoritairement stables en 2025 : 41 % du panel constate une stabilité, et 60 % anticipe une stabilité en 2026.
La hausse moyenne des prix hors énergie est contenue à +1,95 % sur l’exercice 2025. Seuls 10 % des répondants ont observé une baisse des prix moyens, tandis que 21 % déclarent des progressions de 4 % ou plus.
NB : l’enquête a été conduite entre décembre 25 et janvier 26, avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.
Capacité et marché
Les capacités restent globalement disponibles en marchandise générale, même si 30 % à 40 % des entreprises déclarent des difficultés selon la géographie des flux.
Les tensions sont plus marquées en température dirigée et en vrac solide, notamment sur les flux régionaux et nationaux, avec des anticipations 2026 plus tendues sur certaines catégories.
Satisfaction et différences avec les années passées
La qualité de service globale progresse à 3,88/6, contre 3,54 l’année précédente. Ce chiffre masque toutefois des disparités selon les secteurs.
Les trois points forts restent identiques à ceux de l’an dernier : relation client, respect des délais et réactivité.
La traçabilité reste en retrait à 2,79/6 et constitue le critère le moins bien noté ; la capacité d’innovation demeure également faible à 2,99/6.
Achats et leviers
Les chargeurs ont recours autant à des grands groupes de transport (80 % des répondants) qu’à des TPE ou PME (79 %), majoritairement français. Environ la moitié d’entre eux travaillent avec des commissionnaires de transport.
La situation financière des transporteurs suscite une vigilance accrue : 40 % des répondants la jugent fragile ou très fragile.
Pour le choix des prestataires, le triptyque qualité de service – coûts – engagement capacitaire reste incontournable. Derrière ces fondamentaux, l’étendue de l’offre et la démarche RSE font la différence.
Pour optimiser le transport routier, les Chargeurs privilégient le renforcement de la relation avec leurs prestataires habituels, puis l’optimisation des taux de remplissage.
Enjeux de l'exercice à venir
La maîtrise des coûts s’impose comme un enjeu immédiat de compétitivité pour l’exercice à venir, devant la qualité de service qui prenait la tête l’année précédente.
Les enjeux de RSE devancent cette année ceux de résilience et d’agilité de l’organisation transport ; la digitalisation et les services différenciants restent en queue de peloton.
Tous les secteurs partagent le même socle de priorités – coûts et qualité de service -, même si le BTP/génie civil place la qualité de service devant les coûts et si le commerce de détail comme l’industrie chimique accordent une place plus élevée aux enjeux de transformation.
Report modal
L’appréciation de l’offre alternative à la route est encore hétérogène. Environ 1/3 des répondants ne savent pas se positionner et représentent peut-être un gisement à sensibiliser.
Le développement du report modal vers le ferroviaire ou le fluvial repose d’abord sur la performance et la disponibilité des infrastructures, puis sur l’amélioration de l’offre ; les incitations financières, la stratégie de l’État constituent ensuite des signaux attendus, devant la réglementation.
Pour les utilisateurs du routier, les critères d’amélioration de l’offre qui pourraient déclencher le report modal sont avant tout la fiabilité, la compétitivité prix et la flexibilité.
Parmi les leviers envisagés, la prise en compte du coût du carbone ressort en tête, citée par 34 % des répondants, devant la fixation d’objectifs de report modal (29 %) et la revue du réseau d’approvisionnement ou de distribution (28 %). À noter : 31 % considèrent le report modal comme non applicable.
Comment la stabilisation des taux et la baisse de l’inflation redessinent la dynamique des marges ?
En quoi le rebond de performance reste hétérogène selon les modèles bancaires ?
Quels arbitrages stratégiques s’imposent aux acteurs de la banque de détail pour le futur
Pour en savoir plus, téléchargez le Baromètre de perception des Chargeurs sur le transport routier 2026, réalisé par nos experts Hind Laghmam et Guillaume Chauvenet, en collaboration avec l’Association des Utilisateurs de Transport de Fret (AUTF).