Banque & Services Financiers
Banque & Services Financiers

L’éthique dans la banque : comment agir mieux ?

Le 27/05/2014

L’éthique dans la banque ? Un sujet bien singulier. Mais comment parler d’efficacité ou de compétitivité des banques si elles n’agissent pas avant tout dans un cadre qui serve l’économie, la collectivité, l’écosystème ? Le titre de cette note aurait pu être : l’éthique dans la banque : comment ag...

L’éthique dans la banque ? Un sujet bien singulier. Mais comment parler d’efficacité ou de compétitivité des banques si elles n’agissent pas avant tout dans un cadre qui serve l’économie, la collectivité, l’écosystème ?

Le titre de cette note aurait pu être : l’éthique dans la banque : comment agir au mieux ? Comme si le pragmatisme était de mise sur ce sujet, comme si la perfection n’était pas un objectif en ce qui concerne l’éthique, comme si l’ambition en la matière consistait à être simplement correcte, éthiquement correcte. 

Oui, il y a bien un problème autour de l’éthique dans la banque. Non, ce problème ne date pas de la crise de 2008, mais il s’est accentué avec la crise et il a surtout gagné l’opinion publique. Là-dessus, tous  les professionnels de la finance semblent s’accorder. Au-delà de cet état des lieux, il nous semble que se dégagent trois points d’accord et trois points de débat.

Premier point d’accord : s’interroger sur l’éthique, c’est questionner les limites de la  conformité à la règle. Agir de façon conforme à la règle ne veut pas dire systématiquement agir de façon éthique. L’éthique est une exigence supplémentaire au respect de la règle. La réglementation n’est pas là pour tout assumer ! Cette dernière présente des limites du fait qu’elle intervient généralement ex post (après les incidents), qu’elle tend à l’universalité (et donc est  le fruit d’un compromis qui laisse des zones de flou) et enfin qu’elle est surpassée en droit par le pénal, nous renvoyant ainsi à des questions fondamentales de la responsabilité du citoyen. 

Deuxième point  d’accord, la notion d’éthique dans la banque et dans la finance renvoie à celle de l’utilité de la banque et de la finance pour la société : on ne peut être éthique que si l’on est utile au corps social.

Troisième point d’accord : exercer le métier de banquier avec éthique est plus difficile avec l’éloignement. La globalisation ne facilite pas l’éthique, bien au contraire. A ce propos, les clients sont les pivots de l’éthique des banquiers. Donc agir de façon éthique, c’est agir de la façon qui conviendra le mieux au client ; mais alors comment répondre à cette exigence si le client n’est pas proche ? Comment savoir réellement s’il y a bien harmonie avec l’intérêt du client si l’on est loin de lui. Et comment des règles peuvent-elles véhiculer réellement un contenu éthique si elles visent une portée universelle, si elles nient la diversité des cultures, la multitude des appréciations de ce qui est bien et bon ? Nous voilà arrivés sur le terrain de la morale, très proche de celui de l’éthique.

Après les points d’accord, ouvrons les points de débats. 

Le premier débat porte sur le rôle du banquier et la question est la suivante : le banquier est-il un acteur économique comme les autres ? Il est certes soumis à une réglementation spécifique, mais doit-on pour autant attendre de lui un comportement différent des autres acteurs économiques ? Doit-on faire preuve de davantage d’exigence à son endroit ? D’aucun peuvent considérer qu’on lui en demande trop.

Deuxième thème de débat : les dérapages des banques, en termes de comportement éthique, seraient corrélés à la très forte (trop forte ?) pression sur la rentabilité des banques. Faut-il baisser cette pression, la ramener à une exigence de retour sur fonds propres plus raisonnable pour augmenter les chances d’un monde bancaire et financier plus éthique ?

Troisième thème de débat, certainement le plus épineux : l’éthique s’envisage-t-elle davantage au niveau de l’individu ou bien au niveau du système et des structures ? Dans le premier cas, il faut agir sur le discernement des individus, dans le second sur l’organisation du secteur bancaire. 

Finalement, où en sont les banques ? Quels sont leurs engagements ? Quels moyens sont-elles prêtes y à consacrer ?

Contactez-nous

et aussi Eurogroup Consulting

et aussi

Rejoindre Eurogroup Consulting

Nous rejoindre
Conseil ?
Tout est question de direction
Vous avez choisi Eurogroup Consulting.
Exprimez votre personnalité, votre créativité, votre expérience…
Et rejoignez nos talents