Energie

L'Union Euro-Méditerranéenne de l’énergie

Le 21/06/2012

A l’occasion de la troisième édition des Rencontres Energies & Stratégies, le cabinet de conseil en stratégie et organisation Eurogroup Consulting interpelle les forces en présence, dans son étude intitulée « Vers une Union Euro-Méditerranéenne de l’énergie ? Obstacles et recommandations ».

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L’espace méditerranéen peut-il s’organiser pour devenir d’ici quelques années un modèle de coopération industrielle énergétique ? Comment analyser la situation énergétique en Europe et sur la zone MENA (Middle East and North Africa) ? Quelles initiatives ont été prises pour favoriser l’intégration énergétique de la plaque méditerranéenne ? Quelles pistes stratégiques pour favoriser à l’avenir la coopération énergétique Euro-méditerranéenne ?

Comment analysez- vous la situation énergétique en Europe et sur la zone MENA (Middle East and North Africa) ?

Le premier constat est l’hétérogénéité des mix énergétiques parmi les 22 pays et territoires du pourtour méditerranéen. On distingue les pays qui ont gagné en indépendance par rapport aux ressources pétrole et gaz grâce à la production d’électricité à base de nucléaire, de renouvelable et de charbon – l’Espagne par exemple; et les pays, majoritairement situés en zone MENA, qui restent largement tributaires du gaz et du pétrole, comme la Tunisie.

Autre élément marquant: la croissance fulgurante de la consommation d’électricité des pays du Sud et de l’Est, à la faveur d’une progression du PIB et de la population – respectivement estimés à 39% et 7% entre 2010 et 2015 pour les 11 pays de la zone MENA. L’Observatoire Méditerranéen de l’Energie (OME) estime pour sa part qu’il faudrait installer environ 180 GW de capacités électriques pour répondre à la demande d’ici 2030. A ce rythme, les émissions de CO2 dues à la consommation d’énergie devraient croître deux fois plus vite au Sud qu’au Nord. Dans ce contexte, les énergies renouvelables, et le solaire en particulier, sont des apports essentiels encore à développer, aussi bien pour des questions de sécurité énergétique que pour des raisons environnementales et de paix sociale, voire de paix tout court. C’est pourquoi la coopération en Méditerranée sur les sujets d’énergie est un enjeu d’avenir essentiel. L’Union Européenne a lancé deux initiatives structurantes pour le long terme : le paquet Energie-Climat, plan d’action énergétique lancé en 2008, porteur d’objectifs de lutte contre le réchauffement climatique à l’horizon 2020; et la mise en place d’un marché efficient avec le troisième paquet Energie, adopté en juillet 2009, destiné à harmoniser la régulation des entités nationales de l’énergie. Mais ces initiatives ne peuvent être déployées telles quelles dans les pays de la zone MENA.

Quelles initiatives ont été prises pour favoriser l’intégration énergétique de la plaque méditerranéenne ?

On relève trois initiatives majeures.

D’une part, le Plan Solaire Méditerranéen, projet politique de l’Union Pour la Méditerranée (UpM) lancé en 2008, visant à créer les conditions favorables au lancement de projets d’énergie propre; mais également à mettre en place un système incitatif et viable d’exportation d’électricité renouvelable du Sud et de l’Est de la Méditerranée vers l’Europe.

L’objectif est d’atteindre 20 gigawatts d’électricité renouvelable produits dans le sud et l’est de la Méditerranée d’ici à 2020.

D’autre part, le projet mené par Medgrid, consortium de partenaires leaders dans les métiers de la production, du transport et de la distribution d’électricité, et des services associés. L’objectif est de faciliter le développement des interconnexions électriques entre pays via notamment le développement d’un système de câbles sous-marins à haute-tension entre MENA et Europe. Plus précisément, faire en sorte que 5 gigawatts sur les 20 produits d’ici 2020 puissent remonter vers l’Europe.

Actuellement, les études du plan directeur sont en cours et la construction pourrait commencer en 2015. Enfin, le projet conduit par Desertec, qui a pour objectif majeur d’exploiter l'énergie solaire des zones désertiques principalement à partir de techniques CSP (Concentrated Solar Power), pour alimenter l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (EUMENA) en électricité. Leur objectif est de fournir en 2050 50 % des besoins en électricité de la région MENA et 15% des besoins de l’UE.

Quelles pistes stratégiques dégagez-vous pour favoriser à l’avenir la coopération énergétique Euro-méditerranéenne ?

Nous avons élaboré plusieurs recommandations pour mener à bien ces initiatives, malgré divers freins et obstacles liés aux risques techniques, financiers et politiques. Parmi ces freins, la faiblesse des réseaux électriques et des capacités d’interconnexion entre pays de la zone MENA ; la boucle électrique méditerranéenne (MEDRING) encore à finaliser; des investissements élevés et à risques; la frilosité des Etats en matière d’ouverture de leurs marchés nationaux. Dans un contexte de crise, comment faire pour répartir les risque pays et de mise en œuvre des projets ?

Du point de vue technique, il va falloir finaliser, renforcer et entretenir les infrastructures existantes, le MEDRING par exemple, et favoriser le partage des compétences techniques avec le Sud et l’Est pour renforcer les réseaux. Plusieurs pistes se dégagent pour redonner confiance aux investisseurs financiers: des partenariats Public / Privé, des modèles financiers incitatifs, notamment pour le renouvelable, la labellisation des projets au niveau UpM ou UE; il faudra également faire évoluer les régulations des marchés électriques du Sud et de l’Est. Enfin, il est primordial de répondre en priorité aux attentes locales: emploi et industrialisation, baisse du coût de revient de l’électricité, hausse de la qualité de la fourniture. Malgré le climat tendu lié aux Révolutions Arabes au Sud, et à la crise économique au Nord, la coopération des 22 pays du pourtour méditerranéen se poursuit. Elle demeure néanmoins fragile et complexe.

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