Le Fret ferroviaire, un mode d’avenir pour l’Europe ?

Le 05/03/2012

Le cabinet de conseil en stratégie et organisation Eurogroup Consulting, à l’occasion de l’édition 2012 du SITL Europe, présente les forces en jeu et dessine les perspectives du marché du fret ferroviaire, dans son étude « Le Fret ferroviaire, un mode d’avenir pour l’Europe ? Regards croisés de chargeurs, opérateurs, commissionnaires, gestionnaires d’infrastructures et pouvoirs publics ».

Décryptage de ces regards croisés par Anne-Laure Noat, associée d Eurogroup Consulting.

Que pensent les chargeurs de l’avenir du fret ferroviaire en Europe ?

La situation est paradoxale : à les entendre, il existe un besoin car le ferroviaire, complémentaire à la route et au fluvial, répond à une véritable nécessité logistique. Le rail correspond également aux valeurs environnementales de nombre de chargeurs.  Pourtant, malgré les politiques de soutien des gouvernements européens, la part modale du rail est en déclin de 1,6 point depuis 2004.

Des difficultés partagées par les deux catégories de chargeurs : d’une part, les «historiques», souvent industriels, pour qui continuer à choisir le fer « relève parfois du sacerdoce ». D’autre part, les « nouveaux utilisateurs », venus de la grande distribution pour 45% de notre échantillon, très désireux de faire du ferroviaire mais qui se sentent souvent découragés par le manque de lisibilité de l’offre dans le nouveau paysage apparu après l’ouverture à la concurrence, du fait de la multiplicité des acteurs notamment.

Les chargeurs distinguent deux approches : l’une centrée « produit » qualifiée de rigide, avec des opérateurs historiques qui assurent une qualité de service sur les très gros volumes avec planification très avancée ; l’autre, davantage orientée « client » chez les nouveaux entrants, jugée plus flexible, dans une organisation quasi dédiée au flux client, mais qui manque encore d’envergure géographique. Aujourd’hui, même si la situation est contrastée selon les pays européens, le réseau ferré reste souvent peu adapté aux enjeux complexes des différents systèmes logistiques et de distribution et les barrières entre pays restent importantes.

Les opérateurs partagent-ils ce point de vue ?

Ils sont plutôt confiants dans l’avenir du ferroviaire. De nouveaux acteurs sont entrés en scène : opérateurs ferroviaires de proximité (OFP), transporteurs combinés, nouvelles entreprises ferroviaires, tous en accord sur le fait qu’une demande existe. En France, pour autant, le marché ne semble pas vouloir grandir et la bataille se joue surtout sur des flux existants. Il semble que des axes d’amélioration se dessinent, notamment en matière de fiabilité de l’offre, et d’alternative au wagon isolé avec l’offre Rail-Route. Chargeurs et opérateurs attendent beaucoup les uns des autres et il manque un élément de lien, qui leur permette de parler le même langage. Une vision « service » plus qu’une réponse technique à une question de logistique ?

Quelles pistes pour un renouveau du ferroviaire en Europe ?

On est dans un moment de transition, avec une reconfiguration des rôles de chacun des acteurs : gestionnaires d’infrastructure (GI), opérateurs, chargeurs, commissionnaires, pouvoirs publics. L’évolution du prix du ferroviaire vers un « vrai » prix intégrant toujours plus la réalité des coûts va faire naître un modèle sain, où le ferroviaire sera utilisé pour ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire un maillon essentiel de la chaîne logistique. En attendant, il faut impérativement que le rôle d’intégrateur-organisateur soit assumé, pour à la fois faire se rencontrer les offres et les demandes et organiser le maillage logistique du territoire. Mais qui pourra jouer ce rôle, voilà l’un des objets du débat.

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